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celak
Description du blog :
la reine des amazone roman fantastique + le voyage de johanne : l'incursion d'une moldue à Poudlar
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Date de création :
22.08.2005
Dernière mise à jour :
20.01.2007
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Reine des Amazones

texte reine des amazones I

Posté le 29.09.2005 par celak
Chapitre I : L’île des amazones


En arrivant sur l'île principale, Annie se demanda ou se trouvait la ville : devant elle, la forêt tropicale, la plage, la mer et l'énorme volcan ne laissaient apparaître aucun signe de civilisation. Elle se tourna vers le pêcheur qui l'avait emmené en bateau : vous êtes sur de l'endroit? Il haussa les épaule oui c'est là ne vous inquiétez pas elles viendront, je repasse dans un mois même jour même heure soyez pas en retard il la quitta sur un signe de main. Un peu inquiète, elle vit son dernier lien avec la civilisation s'éloigner.


Il était déjà loin quand elle vit des silhouettes à l'orée de la forêt saisissant son sac à dos elle s'avança vers elles.


Elles étaient magnifiques. Des femmes superbes longues comme des lianes, de longs cheveux noirs, des corps musclés et élancés. Elles se présentaient nue hormis de magnifiques bijoux d'or et de pierreries et de fins voiles blancs et transparents qui les couvraient jusqu'au pied.

Des hommes en pagnes surgirent de derrière elles et vinrent s'emparer du bagage de la Française. Celle ci s'avança mains ouvertes le cœur battant.



L’une des femmes s'avança vers Annie et dans un français parfait, elle se présenta comme la princesse Alia et souhaita la bienvenue à Annie. Les hommes commencèrent à tailler un chemin dans la jungle pendant que les femmes suivaient au bout de 10min ils arrivèrent à un chemin où les attendaient des chaises à porteur. Les amazones et leur invitée y prirent place tandis que les hommes les portaient. Comme ils progressaient lentement, Annie en profita pour féliciter la princesse de son français impeccable.
- merci beaucoup j'ai appris en regardant la télévision
- la télévision? je n'imaginais pas que vous ayez la télévision dans cette jungle
- oh! Au palais nous avons tout le confort moderne.
- vous êtes nombreuses sur cette île? Je n'ai vu aucune ville de la cote.
-il n'y a pas de ville nous n'avons pas du tout le même mode de vie que vous il y'a le palais et puis environ 50 000 foyers disséminés sur île principale dans la forêt regardez la bas sur votre gauche :
En effet Annie trouva sur sa gauche un amas de fougères organisées qui ne pouvait être le fait de la nature. En regardant plus haut une fumée noire sortait de la jungle
- ce paravent cache le foyer des ferronnières vous aurez l'occasion de le visiter pendant votre séjour.
- et l'atelier des tailleuses de diamant je pourrais le visiter?
Alia eu un petit rire.
- vous y habiterez! C’est le palais : seules les amazones souveraines sont capables de tailler les diamants mais n'espérez pas trop percer nos secrets.
Annie guigna le collier Alia : un filet d'or retenait des perles de diamant parfaitement clair et rond. Une pièce magnifique même sous le voile de tissu qui en atténue l'éclat.


Ils arrivèrent devant une grande paillote : appuyé sur les arbres de la forêt, le bâtiment s'intégrait parfaitement au paysage le toit de bambous était soutenu par des poteaux de bois exotiques entièrement sculptés. Devant le palais, toute une foule bruyante était assemblée dans une clairière il y avait là des étals de nourritures, vêtements, bijoux et d'objet d'artisanat. Annie compris que c'était le marché. Les chaises à porteur furent déposées à l'écart et le petit groupe s'approcha.

Leur arrivée provoqua une vague de curiosité la princesse Alia harangua la foule dans leur langue elle présentait Annie celle si le compris quand elle prononça plusieurs fois son nom la foule applaudie et deux femmes s'approchèrent d'elle pour lui remettre un pendentif en diamant et un voile. Annie ravie fit jouer le pendentif dans la lumière il était parfait rond comme une perle de culture mais d'un diamant le plus pur aussi clair qu'une goutte d'eau. Elle avait hâte de l'examiner sous une loupe mais pour l'instant elle se contenta de le mettre à son cou et de se couvrir du voile provoquant l'approbation générale.

Un mouvement dans la paillote provoqua un silence général. Une femme en voile doré sortit imposant à la foule un silence respectueux.
Alia ma nièce heureuse de te voir avec notre invitée, entrez vite j'ai hâte d'avoir des nouvelles de la civilisation
Le ton était jovial et accueillant Annie, un instant intimidé par la présence imposante de la reine fut vite parfaitement à l'aise en parlant avec elle. A l'intérieur du palais la reine la guida vers une grande pièce vide hormis quelques tapis au sol. Elle l'invita à s'asseoir en tailleur à coté d'elle et les dames de cours firent de même. De derrière les paravents sortirent des serviteurs chargés de plateaux de fruits et de brochettes de viandes, de poisson et de légumes. Des coquilles de noix de coco circulèrent contenant de l'eau du lait de coco ou de l'alcool de palme.
La reine pressait Annie de question. Apparemment elle en savait déjà beaucoup aussi bien sur la politique internationale que sur la mode et la vie des célébrités mais elle semblait avide de tout ce que Annie aurait à lui dire. Annie un peu fatiguée de son voyage essayait de satisfaire son insatiable curiosité mais l'heure avançant, elle étouffa quelque bâillement.

Quelle mauvaise hôtesse je fais! Vous êtes épuisée de votre voyage ma pauvre enfant Alia va vous montrer le foyer des invités s'exclama la reine Mounia. Avec reconnaissance Annie suivi Alia dans un coin plus reculé du bâtiment là un hamac l'attendais son bagage avait été posé dans un coffre. Pendu au plafond une outre d'eau fraîche le mobilier étais rudimentaire mais Annie épuisée s'en moquais et ne pensait qu'à dormir.


Avant de s'endormir, elle perçut des percussions qui battaient en rythme soutenu par le son strident d'une flutte. Le banquet se poursuivait sans elle comprit-elle.

En effet dans la salle principale les musiciens et les danseurs avaient fait leur apparition. Mounia et Alia échangeaient leurs impressions sur leur invitée :
-son aura est bizarre je n'arrive pas à la sonder s'inquiéta Alia
- oui c'est vrai mais c'est courant sur les étrangères ne t'inquiète pas on sait pourquoi elle vient et je suis sure que son coeur est honnête. Répondit la reine
Alia ne partageaient pas l'optimisme de sa tante mais décida de se taire en attendant d'en savoir plus.

En attendant ses consœurs avaient déjà commencé à s'amuser et elle avait l'intention d'en profiter, elle aussi.

A son réveil Annie eu un moment de confusion puis elle se rappela : Le trajet depuis la France, l'arrivée sur île déserte, les amazones et leurs diamants elle toucha son cou et trouva le pendentif offert la veille. Elle se leva et fouilla dans son bagage elle sortit sa loupe de diamantaire et regarda la pierre elle s'attendait à y trouver des facettes même minuscules mais la pierre étais parfaitement lisse. Comment les amazones traitaient-elles les diamants? Annie pensait être une diamantaire de talent elle avait taillé plusieurs joyaux de toute beauté mais rien qui ressemble à ça. Perdue dans ses pensées, elle n'avait pas entendu Alia qui avait écarté le paravent et la regardait Annie sursautas mais allia souris : on reconnaît la professionnelle en vous : ce que vous voyez vous plait?
Cela m'intrigue surtout je n'arrive pas à comprendre comment vous taillez ces pierres.
Nous vous montrerons mais n'espérez pas trop, vous risquez fort de ne pas comprendre plus. J’étais venu vous présenter Nilo : il vous servira pendant votre séjour. Je lui ai appris quelque rudiment de français. Derrière elle apparus un jeune homme grand et musclé avec des longs cheveux brun et de grands yeux noirs.
Hum! je ne sais pas à quoi il me servira mais il est agréable à regarder pensa Annie
-merci beaucoup bonjours Nilo dit-elle à haute voie en tendant sa main.
-celui ci lui adressa un signe de tête : jour madame annona-t-il


Alia les laissa en tête-à-tête. Annie était un peu gênée. Elle voulait se changer et faire un peu de toilette mais Nilo la regardais semblant attendre des ordres de sa part. Une idée traversa son esprit : Tu pourrais m'amener à manger? Elle rêvait d'un café noir et d'un croissant mais se doutait bien que le petit déjeuner soit sans doute plus exotique pas grave l'important était d'éloigner l'homme le temps de se changer. Nilo fila dés la demande formulée Annie se précipita alors vers sa valise sortie des affaires de rechange se déshabilla rapidement utilisa l'eau contenue dans l'outre pour se rafraîchir. Comme s'étais agréable de se glisser dans des vêtements propres! Elle commençait à brosser ses longs cheveux roux quand Nilo arriva chargé d'un plateau contenant des fruits et des pâtisseries un autre homme le suivais avec une cruche pleine d'une boisons chaude : une infusion apparemment
Nilo posa le petit déjeuner devant elle. Et s'empara de la brosse, s'était délicieux: il faisait passer doucement l'objet dans ces cheveux dénouant les nœuds avec délicatesse. Merci beaucoup pour le petit déjeuné Nilo ça à l'air délicieux vous voulez le partager avec moi il sembla gêné Annie insista un peu tenez ces gâteaux au miel sont délicieux. Nilo souri - Nilo fait
- oh! Mais vous êtes un homme plein de ressources. Racontez-moi un peu comment vous vivez ici
- Nilo étais au foyer des agricultrices Nilo danse bien alors mère m'a envoyé au palais pour faire parti des danseurs de la reine.
-tu avais quel age?
-15 ans les garçons commencent l'apprentissage à 15 ans.
- et les filles?
- la cérémonie de l'aura est à 16ans
- c'est quoi cette cérémonie?
- la reine choisie dans quels foyers les filles vont
- et les garçons qui choisirent?
- leur mère choisit une maîtresse
- et toi ?qui est ta maîtresse?
- toi dame Annie la reine m'a donné à toi
- moi?? Euh! Tu es sur? La reine n'est pas ta mère elle peut pas te donner.
- la reine était ma maîtresse
Annie se promis de régler ça avec Mounia : elle ne pouvait pas accepter ce genre de cadeaux comment ferait-elle de Nilo quand elle partirait? Et puis cette manière de disposer des hommes la dérangeait.

Quand sa société avait pris contact avec les amazones pour arranger sa venue les amazones avaient précisé que seule une femme pouvait venir sur île elle avait bien compris en voyant les femmes évoluer la veille que cette société était essentiellement matriarcale mais elle allait bientôt découvrir à quel point toute cette société était loin des mœurs occidentales.

Après le petit déjeuné, Annie demanda à Nilo de la conduire prés Alia celle-ci était dans une pièce bien différente du reste du palais une télévision et un ordinateur étais relié à un générateur et une antenne satellite Alia étais en train de vendre des diamants sur internet. Le contraste était saisissant entre l'entourage très rustique et ses objets très technologiques.
- eh bien ! Vous ne mentiez pas quand vous parliez du confort moderne comment avez-vous emmené cette technologie ici?
- mais comme vous en bateau puis avec des porteurs voulez vous venir vous promener sur le marché avec moi?
-ne peux t'on pas voir des tailleuses plutôt demanda Annie?
- comme vous voulez! Répondit allia un sourire en coin.

Elle guida Annie vers un foyer à l'extérieur de la paillote derrière un paravent de feuilles de bananiers près d'un ruisseau d'eau pure. Là des femmes à genoux devant des bacs en bois remplis d'eau et de diamants bruts roulait les pierres en chantant. C’était un chant profond et sourd sans paroles qui semblaient provenir du plus profond de leurs âmes. La Française en fut émue aux larmes. En se penchant vers les bacs, elle vit que chaque bac était destiné à des diamants bruts de tailles différentes. Il y en avait de la taille d'une perle et d'autre de la taille d'une noisette. Elle observa le mouvement les diamants roulaient doucement sous les mains de femmes et quelquefois de petits morceaux se détachaient au bout d'un moment certains ressortaient rond comme des billes. Fascinée, Annie en pris un dans la main cela défiait les lois de la géologie comment la pierre la plus dure du monde pouvait-elle s'effriter sous les doigts habiles de ses femmes?
- comment faites-vous ça? demanda t'elle médusée
- nous ajoutons une plante à l'eau mais l'essentiel du travail c'est le chant qui le fait
- Annie ne crut pas un instant cette explication l'attribuant au folklore local par contre elle demanda à voir la plante qui elle en était certaine était la solution a l'énigme des diamants ronds.

Alia lui proposa d'essayer. Annie était dubitative : elle doutait de pouvoir copier la technique de ses femmes. Ecoutez, dit Alia, si vous êtes une tailleuse vous saurez percevoir l'esprit de la pierre et vous y arriverez de toute façon vous êtes ici pour percer notre secret non? Au fond d'elle, elle avait la certitude que l'Européenne ne pourrait rien obtenir mais elle voulait la persuader qu'elle ne cachait rien.

Annie se mit en face d'un bac une odeur piquante et saumâtre lui prit la gorge elle hésita à plonger les mains dans l'eau car l'odeur lui rappelait un acide Alia l'encouragea : Respirez profondément et faites rouler les pierres au fond du bac en essayant de visualiser l'esprit des pierres. Annie n'adhérait pas à ce discours ésotérique mais elle plongea les mains et tacha de rouler les diamants dans le même rythme que les autres. L’odeur s'insinua en elle. Elle ferma les yeux et son esprit commença à dériver, elle voyait en esprit le cœur de la montagne et les veines de diamants bruts puis elle s'éleva dans le ciel et vis île verte dans son écrin de mer turquoise. Elle se rendit compte que l'île était parfaitement ronde et que le volcan en son centre exact était rond lui aussi comme un immense oeil noir cette île étais une perfection : l’œil de la mère.
Alia resta médusée par Annie quelque seconde après avoir inhalé la tisane d'herbe elle s'était mise à chanter. Sous ses doigts les diamants roulaient et se transformaient en perles plus vite qu'elle n'avait jamais vu aucune femme le faire. Cette femme est une amazone comprit t'elle.


Dans sa transe Annie ne voyais pas le temps passer, à un moment elle s'écroula épuisée. Quand elle se réveilla, elle était prés d'un grand feu de bois. Elle vit des amazones nue peintes à l'ocre rouge qui dansaient autour d'elle au son des percussions. Mounia s'approcha d'elle et brandit un couteau effrayé Annie cherche une échappatoire deux femmes la tienne par les bras pendant que Mounia lui fait trois entailles entre les seins comme les trois pointes d'un triangle. Mounia recueillit un peu de son sang sur la pointe de son couteau et mélangeât avec un peu d'ocre rouge elle étala la patte obtenue sur les blessures de la Française.

Le soleil se lève sur la jungle des singes s'aventurent sur l'esplanade devant la pagode pour chaparder les restes de nourritures relief du marché de la veille. Derrière la muraille de verdure quelques trilles laissent deviner la présence d'oiseau chanteur. Dans le calme absolu de l'aube Annie ouvrit l’œil étonné se demandant ou elle était nue recouverte du voile transparent qu'on lui avait offert à son arrivée avait-elle rêvé la journée de la veille? Non un picotement sur sa poitrine lui révéla la présence des scarifications.

Elle se lève, en colère soudain : quel traitement lui ont fait subir ses sorcières? Elle est bien déterminée à dire sa façon de penser à la reine des amazones en se levant elle bute sur Nilo allongé sur une natte au pied du hamac aussitôt il se réveille et inquiète : la maîtresse à t'elle bien dormi? Veux-elle son petit déjeuné? Excédée, la jeune femme s'emporta : Toi le larbin qu'est ce que tu fais là à me reluquer t'as pas de travail des chaussettes à repriser? Un chiotte à récurer? Surpris, il se confondit en excuse et sorti en courant Annie resta seule honteuse de sa vulgarité : le pauvre Nilo n'était pas responsable de son énervement ni de sa condition : aurais-elle traité une femme au foyer française de larbin? Pourtant Nilo avait sensiblement le même statut dans la société amazone. Elle se promit de s'excuser quand il reviendrait en attendant, elle examina sa blessure et fût soulagée ça avait l'air de cicatriser correctement elle essaya de retirer l'ocre avec l'eau de l'outre qui pendait du plafond mais se rendit compte que c'était nettement insuffisant elle se rappela le ruisseau près du camp de travail des rouleuses de diamant pouvais-elle aller s'y laver?


Il fallais qu'elle retrouve le camp. Elle s'aventura dans la jungle encore endormie c'était une jungle très peuplée constata t'elle dissimulé derrière les feuilles elle vit des petits camps composés d'un feu soit à même le sol soit dans un four et à chaque fois autour du feu une quinzaine de personnes dormaient les femmes et les enfants dans des hamacs les hommes sur des nattes par terre sous les hamacs elle devina facilement la fonction du premier foyer qu'elle croisa : Une meule de pierre, des sacs de riz et d'orge un four en pierre : il devait s'agir des boulangères qui fournissaient ces délicieuses galettes qui servaient d'assiette à leur denier repas. A se souvenir son ventre gargouilla le dernier repas dont elle se souvient date de la veille au matin heureusement il était copieux. Elle arriva ensuite au camp où elle était la veille les bacs en bois était en train de sécher prés d'un tronc d'arbre, au sol dans des trous aménagé dans le sol elle vis les diamants triés par taille tous parfaitement rond : il y en avait pour une fortune mais ça traînais là à même le sol n'importe qui pouvait les ramasser. Annie se pencha et plongea ses mains dans les diamants elle les sentit rouler sur sa main et fermant les yeux elle se remémora la sensation de la veille quand elle les sentait s'égrener sous ses doigts. Elle s'arracha à ses souvenirs et suivi le ruisseau pendant un moment : elle ne voulait pas souiller la source en se lavant. Elle trouva en aval un petit bassin ou elle se plongea dans l'eau celle ci était très froide mais une fois accoutumée Annie pris beaucoup de plaisir à ce bain frais elle hésita un peu au moment de sortir son gel douche et son shampoing : elle répugnait à polluer ce lieu vierge mais comment se laver autrement? Elle décida d'interroger Alia : comment les amazones faisaient-elle leur toilette?

Elle ne traîna pas trop dans l'eau : Elle est fraîche quand même se dit-elle en grelottant. Elle s'enroula dans son peignoir et se fit sécher au soleil qui commençait à monter dans le ciel d'ailleurs quelques bruits commençaient à monter des camps alentour et de bonnes odeurs de nourritures planaient dans l'air rappelant à Annie sa faim. Elle rassembla ses affaires et décida de rentrer à la pagode pour prendre son petit déjeuner ensuite elle affronterait Mounia et Alia et leur demanderais des explications. Reprenant le même chemin elle constata que le peuple amazon était réveillé : elle recueillit des sourires et des saluts de tête sur son passage au foyer des boulangères elle s'arrêta la salive lui montait à la bouche en sentant l'odeur qui se dégageait du four elle regarda les hommes qui déjà de bon matin se relayaient au mortier tandis que les femmes préparaient la patte et l'enfournait une jeune adolescente la prit par la main et l'invita à la suivre dans un coin du camp une troupe d'enfants étaient réunis. Ils mangeaient des galettes en jonglant avec une balle à tour de rôle. Autoritairement, la petite fille donna un ordre à un jeune garçon celui ci galopa au feu et pris un bol de tisane dans un chaudron qu'il rapporta à la Française pendant que la jeune fille invitait celle ci à manger des galettes et des fruits. Annie ne se fit pas prier heureuse de cette chaleureuse hospitalité. Par geste elle se présenta et demanda le nom de la gamine : Sila répondit la petite ravie.

L’étrangère jouissait d'un grand prestige dans le peuple amazon on disait qu'elle avait l'aura d'une noble qu'elle savait rouler les diamants bien sur Sila n'en croyais pas un mot : une étrangère ne peut pas être l'héritière du don de gaïa. Ce genre d'affabulation n'était que des fables que les hommes colportaient pour se rendre intéressant une expression typique de l'île était c'est sérieux comme du blabla d'homme ce qui signifiait que c'était un fait non avéré, une fable, quelque chose en quoi personne de sérieux ne pouvait croire l'équivalent amazon de l'occidental histoire de bonne femme. Sila était fière d'être l'ami de la Française et décida de ne pas perdre cette opportunité d'acquérir du prestige bientôt viendrais son jour de l'aura et elle comptait bien ne pas rester au foyer des boulangères elle rêvait d'un destin plus prestigieux : Elle traînait beaucoup dans le foyer des herboristes qui jouissait d'une bonne réputation elle commençait à bien connaître les plantes et leur usage d'ailleurs dans son foyer elle était la spécialiste des tisanes et savait déjà soigner quelques plaies bénignes. Peut être la Française saurait-elle en toucher deux mot à la reine? Pour cela il faudrait lui parler hors Sila ne connaissait pas plus le Français que Annie l'amazon. Sila pouvait difficilement demander à Alia ou Mounia de jouer les interprètes elles ne naviguaient pas dans les même sphères que l'adolescente. Par contre elle supposa que les dirigeantes avaient du instruire un homme pour servir à l'étrangère. Elle se promit de savoir qui et de le rencontrer.


Annie se plaisait bien auprès des enfants qui jouaient ensemble pour une fois elle voyait dans la société amazonienne des garçons et des filles sur un pied d'égalité. Tout de même elle remarqua que quand la balle tombait et roulait loin c’était toujours aux petits garçons qu’incombait la charge d’aller la chercher sauf quand elle roula près d’une grosse toile d’araignée. Là Sila alla la chercher en haussant les épaule un peu condescendante envers les petits garçons qui vraisemblablement ne voulais pas s’approcher de la l’endroit.

Annie serait bien resté toute la journée assise parmi les enfants à les regarder jouer mais il lui fallais rentrer au palais pour parler à Mounia et Alia. Pourquoi l’avaient-elles drogué hier ? Qu’est ce que c’était que cette cérémonie étrange à laquelle elle avait participé bien malgré elle ! Après avoir pris congé des enfants, elle se dirigea vers la paillote. Sur la place du marché les marchandes avaient toutes déjà installé leur étal : des poissons brillant reposaient sur des lit de glaces (d’où pouvait bien provenir cette glace ?) Des voiles blancs finement tissés, Des fruits colorés, des outils, des bijoux, des blocs de minerais de fer et d’or … Annie observa un instant les acheteuses suivies d’un porteur choisissaient les marchandises, parlaient un peu avec les vendeuses puis prenaient la marchandise il n’y avait pas d’échange de monnaie ou de troc apparemment. Elle s’approcha de l’étal des bijoux ; ravie la vendeuse lui en montra plusieurs : des pendentifs, des bracelets, des colliers… elle toucha une tiare mais la vendeuse se renfrogna Annie compris qu’elle ne voulait pas la lui laisser alors Annie choisi des boucles d’oreilles la femme parue ravie et lui fit signe de les essayer. Annie se demandait comment elle payerait ? Le troc était commun dans les sociétés primitives elle avait emmené des objets susceptibles d’être troqués : des médicaments, des montres, des tissus… mais rien qui ne valent le prix de ses boucles par contre elle avait une broche en rubis qui peut être pouvais faire l’affaire. Comment allait-elle négocier avec l’amazone sans connaître la langue ? A sa grande surprise une fois qu’elle eut accroché les boucles d’oreilles la vendeuse se désintéressa complètement d’elle Annie se promis de revenir avec Alia afin de proposer sa broche en échange. En attendant, elle décida de rentrer au palais, rapidement maintenant, gênée de ne pas avoir pu payer ses boucles d’oreilles elle se sentait honteuse comme une voleuse. Elle se hâta vers la paillote qui a cette heure fourmillais d’activités dans la salle ou elle avait pris son repas le soir de son arrivé une foule s’était formée pour admirer des danseurs qui rivalisaient d’adresse.

Parmi les danseurs elle admira tout particulièrement Nilo : oint d’huile de palme ses muscles brillaient dans l’effort et elle constata qu’il était vraiment très beau et elle resta un moment, charmée par la grâce du jeune homme. Lors d’une pause, elle lui fit un signe aussitôt il s’approcha, manifestement un peu inquiet, elle le félicita un peu troublée par sa proximité et s’excusa pour sa mauvaise humeur du matin ce qui le laissa perplexe.

Puis elle demanda à voir Mounia et Alia. Nilo la conduisit au dispensaire : dans une pièce de la paillote des malades alités et des blessés attendant leur tours Mounia et Alia passaient de l’un à l’autre distribuant des tisanes ou massant un membre contusionné. Annie les observa un moment en silence. Elles étaient douces et semblaient connaître tous les malades. Mais on pouvait douter de leur efficacité : Annie pensait aux hommes politique qui visitent les hôpitaux en périodes électorales. Elle assimila le travail d’Alia et Mounia à ce genre de visite. Mounia la vit en premier et d’un signe discret elle demanda à une des herboriste de la relayer pour aller voir la française. Elle était souriante ce qui raviva la colère de cette dernière.

« -Puis-je vous voir en privé ? Demanda Annie glaciale.
- Bien sur ma chère, venez donc par ici je vous attendais bien plus tôt à vrai dire. Vous voulez me parler de ce qui c’est passé hier n’est ce pas ?
- Je suis furieuse je n’ai pas un souvenir clair de se qui c’est passé vous m’avez drogué et ensuite vous avez disposé de moi comme si j’étais un de vos sujet.
- mais vous en êtes une ! Laissez-moi vous expliquer : La plupart des occidentales ne peuvent pas rouler les diamants car le kirpa, la plante que nous mettons dans le bac d’eau, ne fait pas effet sur elles. Hors vous non seulement vous êtes une excellente rouleuse de diamants mais depuis que nous vous avons admises dans notre société par la cérémonie d’hier soir, je me suis rendu compte que vous avez une aura extraordinairement puissante. Alia aussi s’en est rendue compte ça l’inquiète un peu car elle est mon héritière et votre aura pour ce qu’elle peut en percevoir à présent est sans doute au moins égale à la sienne.
- je ne comprends rien à votre charabia pourquoi la kirpa m’a t’elle drogué à ce point ? Je ne pense pas que cela ait cet effet sur les autres femmes qui ont travaillé avec moi hier. Je ne veux pas être embrigadée dans votre peuple de force ainsi. Je rentre chez moi dans un mois et je ne comprends rien à votre histoire d’aura.
- pour la kirpa c’est une question d’habitude. Pour le reste nous n’avons fait que procéder au rite d’introduction à notre société je conçois que pour une occidentale les scarifications soient difficiles à acceptez mais rassurez vous c’est très discret. Et puis ne vous inquiétez pas : Vous pourrez repartir dans un mois si vous y tenez…
- Oui j’y tiens !
- Ne vous inquiétez pas il n’y a aucune violence chez les amazones vous repartirez librement mais vous êtes et vous resterez une amazone. »

Annie réfléchit un instant : après tout son statut d’amazone ne l’engageais pas à grand chose et pouvait lui ouvrir des portes.
« - Ok, dit t’elle un peut à contrecœur, on va dire que vous m’adoptez dans votre peuple vous auriez pu me demander mon avis mais bon…
- Très bien nous n’avons plus qu’à organiser votre cérémonie de l’aura
- Quoi ?!? Mais je ne veux plus participer à des cérémonies je ne suis pas venu ici pour ça.
- Vous serez considérée comme une adolescente si vous ne participez pas à cette cérémonie. Allons !! Cette cérémonie est destinée à vous accueillir dans le monde des adultes et à déterminer votre rôle futur dans notre société. C’est très important
- Annie ne voulait pas vraiment vexer son hôtesse et puis après tout ça lui permettrait au moins de bien s’imprégner de la culture amazone.
- Ok c’est bon ça consiste en quoi exactement cette cérémonie ?
- C’est très simple les jeunes filles sont emmenées à la reine, ensuite je pose les main sur vous et je vous attribue un foyer
- ça m’engage à quoi ? Je vais devoir vous obéir en tout ? Aller travailler dans le foyer de votre choix sans recours possible
- Ne vous inquiétez pas je vous attribuerai sans doute au foyer des rouleuses de diamants
- Vous pouvez me le garantir ?
- Non ça dépendra de votre aura lors de la cérémonie je prends du kirpa qui augmente mes perceptions quelquefois cela oriente mes choix un peu différemment mais le but est d’affecter chacun en fonction de ses affinités et de ses capacités et au vu de vos talents à moins que vous ayez d’autres talents cachés plus valorisables pour la communauté.
- Je vois à mon avis je n’ai aucun autres talents que d’être une diamantaire ça devrai aller. En parlant de diamant sur le marché tout à l’heure cette paire de boucle d’oreille m’a plu, je voulais proposer à la vendeuse de l’échanger contre une broche que je possède mais je n’ai pas su m’exprimer pourriez vous m’accompagner ?
- ne faites surtout pas ça ! Vous l’insulteriez. Chez nous le commerce ne se passe as comme chez vous on achète pas on ne vend pas on ne troque pas : On donne. Bien sur on ne donne pas n’importe quoi à n’importe qui les marchandes savent qui a donné quoi et le marchandage se situe plus sur ce que vous allez avoir le droit de prendre ou ce que vous ne pourrez pas obtenir.
- mais ces boucles d’oreilles sont magnifiques et je ne vous ai rien donné en échange.
-Bien sur que si : hier vous avez roulé une quantité impressionnante de diamants vous méritez amplement de vous servir sur le marché n’hésitez pas vous touchez ce que vous voulez si la commerçante se renfrogne vous n’insistez pas.
Annie se rappela la tête de la femme quand elle avait voulu regarder la tiare de diamants et compris mieux.
Mounia devait retourner auprès des malades elle laissa donc Annie au bon soin de Nilo. Annie ne savait pas trop quoi lui dire encore un peu gênée de son éclat du matin. Et plus gênée encore de la proximité de l’homme qui déclenchait chez elle un fourmillement de symptômes caractéristiques. Elle ferma les yeux et respira à fond elle ne voulait pas s’engager ici même si personne ne l’attendait en France. La société amazone la déroutait trop pour qu’elle souhaite engager une relation avec cet homme si différent des hommes qu’elle avait connus en France.

Sa vie en France était plutôt studieuse elle avait appris avec son oncle à tailler les pierres. Celui qui aujourd'hui était son patron l'avait initié très tôt quand petite fille elle se réfugiait dans son atelier, épuisée des disputes de ses parents. Dans ce milieu très masculin, Son physique agréable n'était pas passé inaperçu. Elle avait eu l'occasion de sortir avec des collègues au restaurant, au cinéma... mais elle avait du mal à s'engager, préférant les aventure d'une nuit au grand amour qui avait détruit la vie de ses parents.

Sa mère était volage et Annie n'était pas loin de penser qu'elle avait hérité de ce coté cœur d'artichaut mais elle le réprimait fortement. Il faut dire que son père qui partait toute l'année aux quatre coins de la planète pour négocier les pierres de la bijouterie familiale laissait bien trop souvent sa trop belle épouse à la maison.

Nilo se rendait compte du désir d’Anne il s’attendait à ce qu’elle le convie dans sa chambre mais elle lui proposa de retourner voir les danseurs. Un peu déçu, il se dit qu’il n’était pas à son goût ce qui le désolait.

Annie passa le restant de la journée à observer les mœurs des amazones aux alentours de la paillote : l’artisanat local semblait très développé : vannerie, poterie, tissage de la soie, tannerie et bien sur beaucoup d’orfèvrerie : un travail de toute beauté. Annie était émerveillée par la maîtrise dont les artisanes faisaient preuve. Nilo l’accompagnait et la présentait à toutes, partout elle était accueillie avec le sourire et des gourmandises. Au gré de leurs pérégrinations, ils arrivèrent au foyer des herboristes là des plantes séchaient pendues à des cordes tendues entre deux arbres. L’une des guérisseuses s’approcha lui tendit une tasse d’infusion et l’invita à s’asseoir. Nilo servait d’interprète accroupie à deux pas derrière Annie comme une voie off entre les deux femmes. :
« -Que faites-vous ici ? Traduisit-il pour Annie
-nous sommes les guérisseuses nous nous occupons de tous les maux des habitants.
-vous utilisés les plantes ?
-oui, les plantes, mais aussi le venin de certains animaux et la pénicilline : nous avons compris son utilité bien avant que les occidentaux ne s’en servent.
-vous pratiquez aussi la chirurgie ?
-Les plus anciennes d’entre nous oui mais en dernier recourt et cela reste très exceptionnel. »
Annie observa une femme vraisemblablement très très enceinte, qui arrivait dans le foyer.
« -vous vous chargez des accouchements ?
-non normalement nous nous contentons de donner des infusions qui limitent la douleur les anciennes se chargent des accouchements dans leur foyer. Mais cette femme à un bassin trop petit il faudra l’ouvrir pour passer le bébé par le ventre vous faite ça aussi chez vous non ? »
Annie était impressionnée ces femmes était de véritables médecins capables de pratiquer une césarienne elle commençait à revoir dans son esprit l’appellation « peuplade primitive » dont elle avait affublé les amazones d’office avant de les connaître

Elle aperçut la jeune Sila qui arrivait dans le foyer avec deux paniers remplis de plantes. Apparemment, elle était bien accueillie par les guérisseuses qui l’aidèrent à trier sa récolte.
La voyant Sila s’approcha de la Française, heureuse de pouvoir bavarder avec elle grâce aux bons soins de Nilo.
Après quelques banalités d’usages, Sila aborda le sujet qui la tenais à cœur : la cérémonie de l’aura. Elle souhaitait que Annie dise un mot à Mounia afin d’être affecté au foyer des guérisseuses chez lesquelles elle se sentait bien.
Annie avait envi de dire oui à la jeune fille mais elle n’était pas sure de pourvoir influencer la reine. Elle promit cependant d’en toucher un mot à Mounia. La jeune fille était à la fois anxieuse et pressée de cette cérémonie qui l’introduira dans le monde des adultes : le foyer dans lequel elle sera accueillie devra lui fournir au moins un compagnon avec lequel elle pourra faire ces premières expériences sexuelles. Elle y apprendra son métier qui fera d’elle une citoyenne à part entière, utile à toute la communauté à ce titre elle pourra se servir au marché sans passer par une adulte mais cela signifie aussi qu’elle quittera le foyer de son enfance, ses compagnons de jeux sa mère et les hommes qui l’ont élevée.
Annie en profita pour se renseigner sur la cérémonie : elle appris que celle ci se déroulais à chaque changement de lune, toutes les filles atteignant seize ans sont emmenés devant la reine qui leur attribuent un foyer puis une grande orgie scelle l’amitié entre les foyers qui reçoivent les jeunes filles et leurs foyers d’origines.
Annie interrogea Sila pour savoir ce que signifie le mot orgie chez les amazones. Sila très naturellement lui expliqua qu’il s’agissait d’un festin suivi d’une mise en commun de tous les géniteurs des foyers à des fins sexuelles.
Annie resta interloquée par cette information donnée sans tabou par la jeune fille. Eh bien ! On ne s’ennuie pas chez les amazones pensa-t-elle mi-amusée mi-choquée. Elles ont quand même une drôle de manière de parler de leur compagnons : Des géniteurs. En fait cette cérémonie pourrait être intéressante se dit-t-elle en rougissant un peu.
La semaine qui suivi passa rapidement pour Annie elle eu le temps de visiter la mine et les deux autres îles qui composaient l’archipel d’amazones. A la mine elle fut surprise de voir la force et l’endurance des mineuses qui descendais au fond pour extraire le diamant. « Chez nous c’est un métier d’hommes » fît-elle remarquer. Cela fit beaucoup rire Alia : les hommes sont bien trop chétif et fragile pour extraire les diamants. Annie fut surprise de cette remarque venant d’une personne cultivée comme Alia puis compris que c’était la présence de Nilo qui justifiait la prise de position de la princesse. Dans le système social amazone fondée sur la supériorité des femmes sur les hommes. Il fallait conserver le conditionnement sexué faisant croire aux hommes à leur incapacité à prendre une part plus active dans la société. Les hommes devaient rester des objets sexuels et les gardiens du foyer s’occupant uniquement des enfants et de la nourriture. Leur laisser croire à un autre rôle possible c’était remettre en cause toutes les structures de la société amazone. En fait Alia étais une fine politique qui voulait préserver la société dans laquelle elle vivait, même au prix de l’asservissement de la moitié de la population.
Annie eu aussi l’occasion de visiter deux autres îles de l’archipel. Itiano était le grenier des amazones. Les agricultrices y cultivaient le riz, le mil, le manioc et le blé les maraîchères y faisaient pousser fruits et légumes. Plutôt qu’une île c’était un jardin ordonné qui contrastait beaucoup avec la jungle de l’île principale.

Urivo avait deux spécialités : les pécheuses qui ramenaient poissons et huîtres perlières et l’or qu’on trouvait dans la rivière principale et qui servait de bases aux bijoux de diamants. La princesse d’Urivo offrit d’ailleurs à Annie un bracelet de perles noires magnifiques. Annie lui offrit une petite bourse contenant des diamants roses que Mounia lui avait confié pour sa fille Ulna, princesse d’Urivo.


Ce soir, c’était la cérémonie de l’aura. Annie était avec Sila et d’autres adolescentes, on les avait rassemblées à la rivière pour se laver et se préparer. Annie observa les autres jeunes fille ne voulant pas faire d’impair : .comme elles, elle se lava avec les décoctions de plantes que Sila avait emmené dans de grandes poteries ; comme elles, elle se couvrit le corps d’ocre rouge ; comme elles, elle se para de bijoux de diamants.

Au couché du soleil les jeunes filles partirent en procession vers une clairière où brûlais un grand feu. Les amazones étaient rassemblées là vêtues de leurs voiles blancs. Annie et ses compagnes s’agenouillèrent sur des nattes placées prés du feu face à la foule. Un tambour se fit entendre derrière un paravent, battant un rythme lent et profond. Annie avait l’impression que c’était le cœur de l’île qui battait dans le silence de la nuit. Mounia arriva majestueuse derrière son voile blanc. Elle posa sa main sur le front de la première des jeunes filles puis cria un mot en amazon et dans le public un groupe poussa un cri de joie. Et la jeune fille fila les rejoindre apparemment ravie. Ensuite le manége recommença à chaque fois quelquefois la jeune fille laissait moins éclaté sa joie mais se soumettais de bonne grâce apparemment. Mounia arriva devant Sila, le cœur d’Annie se serra, elle espérait que Mounia se rappellerais la petite conversation au cours de laquelle la Française lui avait glissé que la jeune fille souhaitait devenir guérisseuse. La reine semblait complètement en transe. Elle recommença son manège et Annie vis les guérisseuses exulter et accueillir la jeune fille dans leur groupe. Elle était heureuse pour elle. Ça allait bientôt être son tour son cœur battait fort, elle était impressionnée malgré son scepticisme. Mounia s’approcha d’elle elle voyait son regard bienveillant malgré la transe. Quand elle sentit la main sur son front, elle eut un petit frisson d’appréhension. Elle plongea dans le regard de Mounia et y lu de la surprise. Mounia resta longtemps immobile face à elle, puis, lâcha un mot. Annie regarda du coté des rouleuses de diamant mais un silence atterré planait sur les amazones. Alia c’était levé et elle était apparemment furieuse. Annie avait les larmes aux yeux, elle se sentait rejeté personne ne semblait devoir l’accueillir qu’avait lu Mounia dans son aura ? Mounia lui fit signe de se lever et la prit dans ces bras puis en français elle lui glissa à l’oreille : Tu seras une reine amazone.

texte reine des amazones II

Posté le 29.09.2005 par celak
Chapitre II : Le massacre des amazones


Derrière son voile doré, Annie a le cœur qui bat. 20 ans ! Elle retrouve enfin paris après 20 ans. Une visite officielle pour établir une Ambassade et surtout elle va revoir son oncle gravement malade. Mais pour l’instant, il s’agit d’être crédible auprès des français afin d’établir un commerce équitable avec eux. L’avion s’immobilise sur le tarmac de l’aéroport d’Orly. Annie fait signe aux princesses qui la suivent. Elles ont répété leur arrivée comme une chorégraphie : il faut impressionner les Français dés le début.

Annie a choisit avec soin son moment : l’été pour ne pas arriver grelottante dans leurs tenues traditionnelles plutôt légères. Sous le soleil parisien légèrement voilé de pollution elles sortent de l’avion retenant une grimace de dégoût, l’air ici est bien moins pur que dans leur île paradisiaque du pacifique. Elles descendent l’escalier, pleines de grâce. Montvilliers, le ministre des affaires étrangères est au bout du tapis rouge il a du mal a avalé sa salive face à ses femmes superbe dont le voile léger ne laisse rien ignorer de l’anatomie. A coté de lui, la chargée d’affaire qui a arrangé la rencontre avec les amazones via Internet le pousse du coude. il reprend ses esprits et s’avance avec une gerbe de fleurs vers Annie. Celle-ci le remercie et fait un signe. L’une des princesses s’avance avec un coffre et le présente à la reine, Annie en sort une chevalière qu’elle passe au doigt du ministre puis elle sort une rivière de diamant pour Mademoiselle Lemaire avec qui elle avait eu de très bon contact par mail.

Les français sont ravis de leurs cadeaux. Annie qui pourtant à pris l’habitude de la nudité chez les amazones est un peu gênée par le regard de l’escorte officielle du ministre : des policiers qui n’en croient pas leurs yeux mais qui essaient de rester stoïque. Le programme de cette journée va être chargé : dés cet après midi la reine et sa suite doivent aller à une réunion avec le syndicat des diamantaires français. Mais ce matin Annie souhaite avant tout voir son oncle, le plus rapidement possible elle laisse sa suite partir avec l’escorte vers l’hôtel George V où elles logeront pendant leur séjour. et elle demande une voiture pour aller à l’hôpital immédiatement. Mademoiselle Lemaire se propose de l’accompagner. Le ministre compréhensif écourte un peu la cérémonie officielle et leur fourni sa voiture personnelle.


Annie fait sensation en arrivant à l’hôpital. Indifférente aux murmures et aux regards elle se presse au chevet de son oncle : celui ci est mal en point Annie le reconnaît à peine quand elle arrive le héros de son enfance est devenu un vieillard rabougris mais dans ces yeux brille encore la flamme malicieuse et tendre de l’amour qu’il a pour sa nièce et disciple.
-Oncle Simon ? Mon dieu, que t’on t’ils fait ?
- Annie ! Alors tu es devenue reine des amazones ? Finalement elles existent ta mère avait raison.
- Calme toi mon oncle je vais te soigner

Annie va dans le couloir prendre son coffre qu’elle avait laissé au soin de mademoiselle lemaire. Elle demanda à ce qu’on veille à la laisser seule avec son oncle pendant 2 heures. Elle mâche des feuilles de kirpa et les fait un peu macérer dans de l’alcool de riz puis elle boit un peu de sa mixture. Rapidement elle se sent en transe elle pose les mains sur son oncle et sent son corps fatigué et les taches noires, nécrosées dans son poumon. Elle se concentre et rappelle le sang dans les zones mortes stimule la création de nouvelles cellules plus fortes, plus résistantes, plus jeunes. Ça prend du temps et ça l’épuise. Une fois son travail terminé elle s’effondre et dort dans ces rêves elle revoit Mounia et Alia parmi les guérisseuses au début de son séjour chez les amazones. Elle avait cru que leur travail n’était que représentation elle ne savait pas à l’époque. Ce n’est qu’au court de son initiation dans la grotte secrète de Mounia qu’elle avait appris tout le rôle du kirpa. Cette boisson, seules les nobles avaient le droit et le pouvoir de s’en servir. Les reines étaient capables de rendre bien des services à leur communauté grâces à leurs dons multiples : déterminer l’aura des jeunes filles de la communauté, soigner les malades, dissimuler leur île aux yeux du monde aussi grâce à une cérémonie spéciale. Cette dernière capacité avait été très utilisée car les îles de l’archipel des amazones étaient très riches et auraient risqué maintes fois d’être envahis si les reines successives n’avaient pas veillé.

Une infirmière entre dans la chambre, un peu en colère elle a du batailler contre une femme du ministère de l’intérieur pour entrer, comme si elle avait pas assez de travail comme ça sans que des rond de cuir lui interdise de faire son travail. Elle voit Annie allongée sur corps du patient à moitié nue.
- ben dit donc, j’aurais pas pensé qu’il ai encore de l’énergie pour faire ça dans son état, le pôv vieux , sourit l’infirmière, prenant la jeune fille pour une prostituée.

Elle s’approche et prend les constantes : pouls, fréquence respiratoire, température… il semble aller mieux le bougre. Apparemment sa partie de jambe en l’air a été salutaire. Elle est surprise de constater que son patient ne se noie plus à chaque inspiration au contraire son rythme est paisible et régulier.
Elle réveille Annie. Celle ci sursaute, un moment surprise de ne plus être dans sa chère île :
- Oncle Simon ?
- il dort ma petite, vous devriez le laisser..
- mais je ne sais pas s’il est guérit !
- euh il est en stade terminal mademoiselle on ne peut plus rien pour lui vous savez.
-appelez un médecin il faut vérifier son état de santé
- écoutez mademoiselle il est très bien soigné ici vous n’avez pas à vous inquiéter laissez nous faire notre travail. Vous êtes qui exactement ?
- Je suis sa nièce, dit Annie en se redressant fièrement, Mounilia, Reine des amazones et vous allez m’obéir immédiatement et aller chercher votre chef de service au plus vite.
- oh là ! Comme vous y allez ! Je dérange pas le chef de service comme ça moi…
- Dehors, il y a une personne du ministère de l’intérieur. Elle vous confirmera que je suis une Cheffe d’Etat en visite officielle en France et que me contrarier serait regrettable
L’infirmière commence à s’inquiéter la femme qu’elle avait prise pour une prostituée est en fait impressionnante de détermination et ne semble pas prête à se laisser faire.
Elle sort et va voir Mademoiselle Lemaire, celle ci lui recommande d’obéir sans condition à la reine. Impressionnée l’infirmière va passer un coup de fil au Docteur Rocha. Quand celui ci arrive un peu fâché d’avoir été dérangé pendant ces consultations, Mademoiselle Lemaire lui explique qu’il ne faut pas contrarier la reine Mounilia : c’est une invitée de marque de la république française. Le médecin grommelle un peu –il est médecin pas diplomate- et entre dans la chambre quand son regard se pose sur la reine il est interloqué par sa tenue mais aussi par sa prestance. la femme qu’il a devant lui est très belle sous le mince voile d’or il devine une silhouette irréprochable, un visage mature mais dont l’ovale reste ferme, de long cheveux clairs, des yeux pales qui le fixent sans ciller.
- Madame m’a fait appeler ? Demande t’il ironique. Elle s’excuse de son insistance et lui explique qu’elle a soigné son oncle et désire qu’on fasse les examens nécessaires pour vérifier que le cancer est complètement résorbé : au besoin elle pourra toujours refaire une petite séance.
- Vous ne pouvez pas avoir soigné votre oncle- explique t’il patiemment- il souffre d’une grave maladie appelée cancer des poumons du sans doute à l’inhalation répétée des poussière de pierres précieuses. Son cancer est en stade terminal je suis navré madame, mais il va mourir.
- j’imagine que vous ne pouvez pas me croire en effet –soupire Annie- bon écoutez la personne devant la chambre à du vous dire que je suis une personne importante donc vous faite un scanner rapidement si besoin je le payerais et même je ferais une grosse donation à l’hôpital.
Elle détache de son cou un collier qu’elle lui tend : « ce sont de véritables diamants ça devrai payer largement tout les frais d’hospitalisation de mon oncle. »
Interloqué le Docteur Rocha la prend un peu pour une illuminé mais décide d’accepter : le scanner ne fera aucun de mal à son patient et puis au stéthoscope il n’entend plus les crépitant caractéristiques d’un poumon malade.
Ils sortirent tout les deux de la chambre Mademoiselle Lemaire s’approche : « Madame vous avez une réunion importante cet après midi si vous souhaitez vous restaurer et vous reposer un peu …
- Vous avez raison Sophie, vous permettez que je vous appelle par votre prénom ? écoutez faites passer le scanner à mon oncle puis appelez moi pour me dire où il en ai je vais vous envoyer Sila, la guérisseuse même si je suis venue à bout de toute les cellules maligne mon oncle va avoir du mal à refaire surface elle va l’aider. Le docteur rocha réagit :
- C’est mon patient pas question de permettre à quiconque de lui administrer des remèdes douteux.
- votre patient vous le donniez pour mort et je suis sa seule parente alors vous suivez mes instructions

Les deux femmes retournent à l’hôtel rapidement, Annie a juste le temps de s’assurer que sa suite était bien installée et de leur donner ses instructions pour la rencontre de cet après midi. Ensuite elle mange un petit en-cas rapide savourant le pain français et le fromage qui lui ont manqués pendant son exil. Elle voudrait s’allonger et reprendre des forces : sa séances de guérison l’a épuisée mais elle ne peux pas se le permettre. Elle s’assoit un moment devant l’ordinateur et envoie un message à Nilo. Il dort à cet heure là, mais penser à lui a un effet apaisant sur annie.

Après la fameuse cérémonie ou Mounia lui avait annoncé qu’elle était une reine, Annie c’était sentie très déboussolée et seule. Les couples, trio ou même quatuors c’était formé dans l’assistance laissant la Française un peu choquée et très gênée. Alors Nilo c’était approché d’elle, lui aussi plutôt timide car dans la société amazone c’est la femme qui choisi son partenaire. Ils avait passé cette nuit là ensemble, découvrant tout les deux le plaisir d’une tendresse et d’un désir partagé. Ils avaient parlé longtemps. Il lui avait raconté sa vie d’homme dans un monde de femme. Il avait accepté depuis longtemps de n’être qu’un élément secondaire dans la civilisation amazone mais il avait du mal à supporter la soumission sexuelle dans laquelle on l’avait élevée depuis son enfance : obéir à la femme, ne chercher que son plaisir, comme beaucoup d’homme il avait cherché dans l’homosexualité un peu de la tendresse et de la douceur propre à son sexe et dont les femmes manquent tellement mais ça ne le satisfaisait pas vraiment. Il lui avait raconté comment il était devenu danseur pour échapper à la vie a laquelle on le destinait né premier dans une famille ou il y avait déjà 4 garçon son père lui avait appris les soin de ces frère très tôt il avait eu en charge l’entretien du foyer. Sa mère était une pécheuse elle partais de longue semaine en mer comme toutes les femmes de son foyer et lui restait là a rêver devant l’océan. Les hommes n’ont pas le droit de quitter l’île c’est comme ça un tabou puissant que personne jamais ne pourras briser mais le jeune Nilo rêvait de voyage. Annie d’abord surprise par ces mœurs qui lui était si étrangers avait fini par le comprendre : elle aussi avait du se battre pour être reconnu professionnellement dans un monde d’hommes. Quand à ce qu’il lui racontait de ces rapport intimes avec les femmes elle s’y reconnaissait complètement. Cette nuit là, était née une complicité sans faille.


Dés le lendemain Mounia avait entrepris son initiation dans sa grotte secrète sous le volcan. Alia était présente maintenant elle était très froide avec la Française qui était devenue une rivale. Annie, inquiète, c’était ouvert de l’animosité de la princesse à Mounia. La reine, philosophe, lui avait dit : « une seule reine peu régner sur les amazones, l’une d’entre vous ne seras pas reine mais je ne peux pas savoir laquelle le destin est flou deux chemins sont possibles : si Alia devient reine l’île garderas ses traditions millénaires mais avec toi les choses devront changer. Je ne sait pas quelle voie gagneras et je ne quitterais mon trône que quand le destin de l’île sera clair.
Annie avait appris tous les secret de l’île : l’utilité du kirpa, le pouvoir des reines, leur immense et multiples responsabilités : seule une centaine de femme par générations était sensible aux effet du kirpa : elles étaient réparties chez les guérisseuses, les tailleuse de diamant et les « voyageuses » des commerçantes particulières qui couraient le monde pour vendre les diamants bruts en échange des biens technologique qui manquait sur les îles amazones.
La reine était choisie pour sa réceptivité au kirpa son rôle était avant tout la cérémonie de l’aura et l’arrangement des unions un rôle primordial dans cette communauté restreinte menacée d’atavisme. En effet, lors de la cérémonie de l’auras chaque jeune fille se voit attribuer un garçon qui sera le père de tout ces enfant même s’il n’en est pas le géniteur et qui assureras son bien être matériel en préparant son repas quotidien. Mais une fois dans son foyer elle va partager des plaisirs sexuels avec tous les hommes qui lui feront envi dans la petite communauté. Il faut donc faire très attention de ne pas placer la sœur dans le foyer du frère. C’est à la reine de connaître les généalogies de l’île et de faire en sorte d’assurer un renouvellement génétique suffisant. Dans la même optique les « voyageuses » sont vivement encouragée à porter en leur sein le fruit de plaisirs pris à l’extérieur de l’île.

Hélas, expliqua Mounia certaines finissent par perdre leurs âmes d’amazones à l’extérieur : ma sœur Melié était une voyageuse c’était la mère de Nilo. A ces mots Annie se rapprocha avide d’en connaître plus sur son aimé. Je croyais que la mère de Nilo était Anoua, la pécheuse ? Oh oui elle l’a recueilli quand il était encore au sein : sa première et seule fille était morte à la naissance, elle s’est comporter en mère pour lui. Mais la mère biologique de Nilo était bien Melié. Elle est partie quand Nilo avait 6 mois. Elle est tombé amoureuse d’un homme qui voulait lui acheter des diamant rond : je me souvient qu’à l’époque elle a tout fait pour convaincre ma grand-mère, qui était reine, de sortir des pierre ronde de l’île. Ma grand-mère refusait car elle ne voulait pas attirer l’attention du pays des hommes sur notre île.

Melié est partit un jour pour ne plus revenir. J’ignore si elle a survécu : le monde des hommes est si cruel. Annie avait pali en entendant la fin du récit ses doigts s’était crispé sur le petit médaillon qu’elle tenais entre ses seins. Lentement elle l’ouvris et le tendit à Mounia : c’est ma mère, Melissa elle s’est suicidé quand j’avais 10ans : le monde des homme a du lui paraître trop cruel pourtant mon père l’adorais. Mounia reconnu immédiatement Melié sur la photo du médaillon. L’émotion était intense dans la grotte : Annie et Mounia pleurait Melié devenue Melissa qui n’avait jamais pu s’adapter au monde des hommes. Pendant ce temps, Alia réfléchissait aux implications de cette révélation : Nilo était le demi frère de Annie. Mounia et Annie en arrivèrent rapidement à la même constatation : certes la filiation d’Annie avec une amazone faciliterais grandement l’intégration d’Annie dans la communauté mais d’un autre coté elle avait commis un inceste en couchant avec son frère et dans cette communauté cet acte était l’un des plus grave que l’on puisse commettre.

Alia tenais là un atout de choc, elle en était bien consciente : elle exigea que Annie soit banni de l’île sinon elle révélerais toute l’histoire au peuple. Mounia ne pouvais qu’accepter. Annie effondrée compris qu’elle devait dire adieux à cette île qui lui était devenue chère et à Nilo le seul homme qu’elle ai jamais aimé.

Elle faisait ses bagages en pleurant pendant que Mounia convoquais le passeur par radio. Le bateau devais venir le lendemain a midi. Pendant cette dernière nuit Annie avais du expliquer à Nilo qu’ils étaient frère et sœur et qu’elle devait partir. Il pleura beaucoup. Il voulais partir avec elle : ils avaient déjà brisé un des tabous de l’île pourquoi ne pas continuer après tout ? Annie le raisonna de toute façon dans le monde des hommes aussi un frère ne couche pas avec sa sœur et puis il serait malheureux : le couple de ses parents était bien la preuve qu’on ne peux pas adapter les amazones en dehors de leur territoire.

Le lendemain, Mounia était sur la plage pour faire la cérémonie d’ouverture qui rend l’île visible aux yeux des hommes extérieurs. A l’orée du bois, les adieux entre Nilo et Annie étaient déchirants, Alia tentait en vain de presser sa rivale. Le bateau apparu de derrière les brume et accosta rapidement un homme armé en sorti et, d’une balle, se débarrassa de la reine qui protestait. Alia réagit aussi tôt : va prévenir les amazones et mettre les hommes en sécurité : je vais mettre les pièges en place chuchota t’elle a Annie.

Annie et Nilo se mirent à courir en direction du palais pendant que Alia souple et silencieuse s’enfonçait dans la jungle. Sur la place du palais Annie hurla a plein poumon : une attaque !!! Pendant que Nilo allais s’emparer d’une des cornes de brumes et soufflais à en perdre haleine : quand tout le monde fut rassemblé autour d’eux Annie rassembla toutes les brides d’amazon qu’elle avais appris depuis son arrivé pour expliquer la situation. Les hommes furent invité à suivre Nilo aux mines pour se cacher avec les enfants tandis que les femmes amenais leurs arbalètes prêtes à défendre leur village contre les pirates. Heureusement la petite navette ne pouvait pas amener plus d’une dizaine d’hommes qui en plus avaient de bonne chance de se perdre dans la jungle dense qui entourait les foyers. Les amazones organisèrent une battue silencieuse en direction de la plage. Chacune a un mètre les unes des autres avançait en déplaçant au minimum le bouclier de verdure qui les dissimulait à demi. Annie avançait parmi elles consciente de son incompétence : elle était incapable de se servir de l’arbalète qu’elle serrais dans ses mains glacées, elle avait l’impression d’être un hippopotame tant elle était bruyante et elle était incapable de communiquer avec ses « sujettes ». Elle était pleinement consciente qu’Alia était une reine bien mieux préparée qu’elle. Elle avait du mal a avalé sa salive une boule de chagrin au creux de sa gorge c’était formé quand elle avait vu mourir Mounia. Il lui fallais cependant continuer a avancer : oublier la peur et l’angoisse qui la faisait trembler de tout ses membres, se concentrer pour apercevoir ces hommes qui étaient venu troubler la quiétude de ce petit paradis.

Tout d’un coup, elle se trouva face à une masse gigotant à hauteur de ses yeux : l’un des piège avait fonctionné : un homme était suspendu dans le filet. En alerte elle arma son arbalète : ne bougez pas et passez moi vos armes en les tenant par le canon : doucement je vous surveille, vous resterez en vie uniquement si vous êtes très obéissant.

Son cœur battais la chamade elle surveilla attentivement les mains de l’homme craignant qu’il réussisse à se dépêtrer du filet suffisamment pour lui sauter dessus ou la viser avec son arme : un genre de mitrailleuse qui lui faisait horriblement peur.

Finalement elle tranchât le filet libérant l’homme qui tomba durement sur le sol et le confia à deux très jeunes amazones : amenez le au palais et gardez le bien a l’œil. En voilà deux qui seront un peu à l’abris pensa t’elle.

Elle avait pris un peu de retard sur les autres en s’occupant du prisonnier. Un premier coup de feu raisonna. En alerte, Annie et le petit groupe qui était resté avec elle cherchèrent à localiser les bruits de bataille. Si la jeune femme avait eu a ce moment le temps de réfléchir deux minutes elle serait partie en courant ! Mais entraînée par le besoin impérieux de sauver cette communauté qu’elle avait appris à aimer, elle s’élança en avant priant pour que personne ne soit blessé. Son petit groupe arriva vers l’orée du bois quand tout était terminé : plusieurs corps gisait à terre des hommes ou des amazones mortes ou blessées. L’un des hommes avait la main cloué à un arbre par une flèche une amazone le tenais en joue prête à l’achever. Annie arrêta son geste :
-ramène le au village et tiens le sous bonne garde ordonna t’elle. Demande à une guérisseuse d’examiner sa main et dit leur de venir ici pour soigner les blessés : reste t’il des pirates en libertés ?
-oui il en manque un : Alia nous a dit qu’il étaient 9 –enfin 10 mais ils ont tuer le passeur quand ils sont arrivé ici- nous en avons tués 7 et il a ce prisonnier, il faut retrouver le dernier…
-non le neuvième est au village nous l’avons trouvé dans un des piège c’est ce qui nous a retardé. Où est Alia ?
Un silence embarrassé répondit à sa question.
-Où est Alia ? Cria Annie.
Une amazone pointa le doigt en direction d’un des corps ensanglanté, face contre terre.
Annie se précipita et la retourna précautionneusement : Alia avais reçu une balle en plein cœur elle était morte sur le coup. Annie se mit à hurler comme une louve : elle ne comprenais rien à ce bain de sang. Alia l’avait accueilli sur cette île et elle était une reine bien plus légitime que la française ne saurais jamais l’être. Pourquoi était elle resté ? Pourquoi avoir accepté de participer à la cérémonie de l’aura : quelle prétention ! Elle ne pourrait jamais appartenir à ce peuple. Elle ne parlais même pas correctement l’amazon, sa formation n’était pas fini… elle pleura toute les larmes de son corps. C’est Sila qui en posant une main amicale sur son épaule l’arracha à son chagrin. Les guérisseuses étaient venues et commençais à s’activer autour des blessés. Annie regarda autour d’elle : il y avait à faire elle pleurerais un autre jour. Avec l’aide de Sila elle chargea le corps d’Alia sur un brancard.
- Va aider les guérisseuses Sila je vais porter ce brancard jusqu’au village.
- Ce n’est pas la place d’une reine.
- C’est pourtant ma place aujourd’hui.
Le corps était lourd le village loin mais Annie ne faiblie pas.
Au village, elle se trouva face aux deux pirates survivants. Les villageoises étaient massées autour d’eux elles les aurais volontiers lyncher s’ils n’avaient été sous bonne garde. En arrivant Annie avait envi de les tuer comme les autres mais sa curiosité l’emportas. Elle pris le temps de déposer respectueusement son fardeau un peu a l’extérieur du palais : un bûcher funéraire serait aménagé pour permettre aux Dames d’accéder au paradis des amazones. Les pirates morts avaient déjà été entreposés sur le bateau du passeur.

Revenant au centre du village elle se posta devant eux et commença à les interroger en français car c’était la langue de l’île la plus proche. Ils lui expliquèrent qu’ils avaient appris qu’une diamantaire c’était intéressé à cette île et qu’ils savaient que des femmes de cette île négociait des pierres brutes contre du matériel médical… ils en avaient déduis naturellement qu’il y avait un filon sur l’île. Ils avaient donc soudoyé le passeur pour être du prochain voyage. Annie baissa la tête : elle était responsable, son intérêt pour l’île avait éveillé la convoitise des pirates. Les pirates pensait qu’ils n’y avait que des femmes sur l’île aussi n’avait ils pas pris de grande précaution : il ne pensait pas tomber sur une armée aussi bien organisée. Heureusement pour les amazones qui ne possédaient que des arbalètes : un commando mieux organisé aurais pris l’île.

Qu’allais t’on faire de ses olibrius ? Annie pensais les rejeter à la mer mais en écoutant leur récit elle se rendit compte qu’elle ne pouvait pas se le permettre : ils pourrait revenir plus nombreux. Bien sur elle pouvais les tuer mais leur disparition serait remarquée : le passeur habituel savaient ou il étaient, la police risquait d’intervenir. Hors, l’île des amazone n’avait aucune existence légale : cachée depuis des années, le monde extérieur ignorais son existence.
Elle ordonna qu’on ne leur donne ni a manger ni a boire : elle connaissait les coutumes de l’île un homme qui mange ou boit sur cette île est considéré comme un habitant et est intégré dans la communauté des amazones qu’il le veuille ou non.

Elle décida d’appeler les garde cotes espérant que ceux-ci accepterais de garder le secret : elle répugnais à tuer ces hommes mais secrètement elle se le reprochais : c’est ce qu’aurais fait Alia sans état d’âme. Mais elle n’était pas Alia et ne le serait jamais
- c’est moi que le destin a choisi pour les amazones et il faudra bien qu’elles fassent avec moi ou alors elles se choisiront une autre reine. Pensa-t-elle amère.

Les gardes cotes arrivèrent quelques heures plus tard : un bûcher funéraire avais été dressé au milieu de la place du marché avec les corps de Mounia et Alia ainsi que les trois amazones qui avaient donné leur vie pour leur île. Annie expliqua au capitaine Mounasquier : comment les pirates les avaient attaqué et quels dégâts ils avaient fait :
- vous devez prendre ces raclures et les ramener dans le monde des hommes : faites en sorte qu’ils ne viennent plus jamais ici.
Le capitaine secoua la tête :
- Ca ne peut pas se passer ainsi madame : il faut que quelqu’un porte plainte et puis je ne sait même pas sous quel juridiction nous somme sur cette île.
- Vous êtes sous ma juridiction je suis la reine de cette île et j’aurais pu les tuer pour l’acte de guerre que représente cette invasion, je leur accorde ma clémence en les remettant à la justice de votre pays. Mais ils sont interdits de séjours sur notre territoire.
- Mais cette île est dans les eaux territoriales françaises….
-Vous vous trompez cette île est une nation souveraine que la France ne peut pas annexer.
- Ecoutez je ne suis pas vraiment habilité à discuter de tout ça avec vous je vais emmener ces pirates et je discuterais du reste avec ma hiérarchie.
- C’est cela faites donc ça. Tout ce que je vous demande c’est d’emmener ces pirates et les corps de leurs compagnons. Nous garderont le bateau comme dédommagement de tout le sang versé et nous avons gardé le corps du passeur qui était le fils d’une de nos voyageuses qui avait préféré vouer son fils au monde des hommes. Nous l’enterrerons selon nos rites.
- Le monde des hommes ? C’est ainsi que vous appelez le monde extérieur ? Qui sont les voyageuses ?
- Ce sont celles qui vont à l’extérieur pour commercer.
- Vous parlez bien le français et vous paraissez être une européenne..
- Oui, je fus longtemps une voyageuse, mais maintenant je vais rester ici dans mon pays et me consacrer à mon peuple.
Quand les gardes cotes étaient partis Annie avait procédé à la cérémonie de fermeture : même si les autorités française cherchais à en savoir plus sur cette île personne ne la retrouverait.

la reine des amazone III

Posté le 12.12.2005 par celak
Chapitre III : Le prince au yeux clos


Annie se secoue : la réunion avec le syndicat des diamantaires est cruciale pour le futur. il faut se préparer elle demande à Sila d'aller à l'hôpital prendre soin de son oncle pendant qu'elle et sa suite enfilent les robes cousus pour l'occasion plus opaques que les simples voiles auxquelles elles sont habituées car il ne faut pas choquer les vieux barbons. Elles se parents des plus belles pierres de leur île. Annie les inspecte : il faut qu'elles soient parfaites. Au moment de partir la sonnerie du téléphone satellitaire retentit : c'est Nilo. Il veut parler à la reine. En l'écoutant, Annie blanchit :"on savait que sa risquait d'arriver pendant mon absence : fait ce qui était prévu et j'arrive au plus vite". Elle s'avance vers une des jeunes filles elles ont le même regard toute les deux :" ce que nous redoutions vient d'arriver comme prévu tu me remplacera ici pendant que je retournerais sur l'île.


Le banquet passait lentement il y avais des discours : l'hypocrite bienvenu d'une profession qui voyaient arriver une possible concurrence et un chambardement de leurs habitude de travail avec plus que de la méfiance. Annie regrettait d'être obligé de laisser Civa dans ce nid de crabe mais elle n'avait pas le choix et la jeune fille saurait se défendre. Au cours de son propre discours la reine l’avait présentée comme l'interlocutrice principale pour les négociations future. Annie était déjà sur son île elle n'était pas sure d'avoir envie d'empêcher ce qui se passait la bas mais elle était reine et ce dont elle avait envie comptait peu.

Aussitôt après la réception, elle se mit en route : taxi avion bateau elle en avais pour 15 heures avant de retrouver son foyer. Alors qu'elle cherchait le sommeil sans le trouver dans l'avion, elle pensait à Mounio. Aurait t'elle du avorter? Quand quelque semaine après l'attaque de l'île elle s'était rendue compte qu'elle était enceinte c'est la décision qu'elle avait prise. Cet enfant était le fruit d'une union consanguine. Elle connaissait la politique des amazones sur ce sujet. Quand une reine soupçonne un risque de consanguinité dans une grossesse elle s'arrange discrètement avec les guérisseuses : tisane de sauge ou même avortement chirurgical sous anesthésie au kirpa règlent le soucis sans que la mère ai son mot à dire. Un enfant anormal c'est une tache sur la réputation de la reine dont l'un des rôles principaux et d'arranger les unions éviter les atavismes. Quand un enfant né porteur de handicap la mère a le choix entre le tuer discrètement avec la complicité des guérisseuses ou bien le confier à la reine qui le remet à la communauté des rechazadi. Cette petite communauté situé sur une petite île de l'archipel des amazones accueille tout les réprouvé de la société amazones : hommes insoumis, femmes violentes, handicapés moteurs et physiques. Placés sous la responsabilité de la reine, ces êtres ne manquent de rien matériellement mais sont un poids sur la conscience des dirigeantes amazones qui tentent d'oublier ces laisser pour compte de leur société. Quand Annie avait eu connaissance de leur existence elle s'était insurgé bien sure avec toute sa morgue d'occidentale contre ce ghetto malfamé qui contrastait tristement avec la brillante société amazone. Mais la reine Mounia lui avait fait valoir que la mini société des rechazadi était préférable pour les laissé-pour-compte que d'être la lie de la société amazone. Annie se souvenait des larmes dans les yeux de Mounia quand elle lui avait dit que l'un des enfants était son petit fils. Elle ne se doutait pas alors que quelques mois plus tard elle reviendrait s'asseoir sur la plage des rechazadi avec les mêmes larmes dans les yeux c'était elle maintenant leur mère à tous, leur protectrice, et elle portais en elle un enfant qui risquait de venir les rejoindre. Elle avait été lâche elle avait fermé son esprit à la voie raisonnable qui lui disait qu'il fallait avorter. Elle était persuadée que l'enfant qu'elle avait eu dans l'amour avec Nilo, cet homme qu'elle aimait tant, cet amant parfait, cet enfant là ne pouvais être que parfait.
Elle avait fini par parler avec Nilo elle l'avait pas mal évité depuis le massacre qui avait eu lieu sur l'île ses responsabilité nouvelle de reine l'avaient accaparée. Mais maintenant il s'agissait d'agir elle avait demandé à Nilo de la rejoindre dans sa chambre un soir. Ce qu'elle avait à dire était difficile :
- Tu sais que nous sommes frère et soeur, commença t'elle hésitante.
- C'est pour ça que tu m'évites depuis 1 mois? Son ton était lourd de reproche il retenait ses larmes.
- ça et autre chose... Tu sais que nous ne pouvons plus dormir ensemble....
- Pourquoi m'avoir inviter ce soir dans ce cas? L'interrompit-il accusateur.
- Je suis enceinte, lâcha t'elle enfin.
- Enceinte? De moi? Mais c'est merveilleux! dit Nilo en la prenant dans ces bras. Pourquoi sembles-tu catastrophée?
- Mais tu ne comprends rien ! Annie se dégagea vivement. Ce bébé ne peux pas naître nous sommes frère et soeur. Il sera anormal, rechazado!
- Comment peux tu le savoir à l'avance? Demanda le jeune homme intrigué.
Ce qui était évident pour Annie et qui l'était aussi pour Mounia et Alia femmes éduquées comprenant les arcanes de la génétique ne l'était pas pour Nilo homme que son éducation avait cantonné au taches qui étaient celles de son sexe sur cet île. Il savait qu'il existait un tabou sur la sexualité entre personne d'une même famille mais il n'avait jamais compris pourquoi. Il resta donc assez perplexe devant les explications que sa soeur essaya de lui fournir sur les risques qu'encourait leur enfant. Pour lui le principal risque c'était Annie et son incompréhensible désir d'avorter. Il ignorait même que les femmes soient capables de ça et en fut assez perturbé.

Il n’avait pas vraiment fait pression sur Annie. Mais il montrait tant de bonheur à la perspective d’être père qu’elle n’avait pas eu le courage de prendre le mélange abortif, à base de sauge et de kirpa, que Sila avait apporté à sa demande. Quand le bébé était né, Annie n’avait pas pu éviter de voir dans le regard de la guérisseuse une lueur d’inquiétude. Il était petit avec une grosse tête et des yeux très rapprochés. La nouvelle mère était malgré tout folle de ce bébé qu’elle câlinait avec délice. Au terme de la cérémonie de baptême, trois mois après la naissance il fut appelé Mounio en mémoire de la reine défunte. Son père prenais en charge toute sa vie quotidienne ne l’emmenant à sa mère que pour les tétés. Celle-ci était un peu frustrée par ce partage des taches qui l’empêchait d’être auprès de son fils autant qu’elle l’aurait voulu. Mais, d’une part les traditions amazones voulaient que les pères soient plus adaptés aux soins aux nourrissons que les mères. D’autre part ces responsabilités de reine lui laissait d’autant moins de loisir qu’elle marchait sur des œufs tant elle était peu au fait des coutumes et règlement locales. Elle passait malgré tout ces soirées avec Nilo et Mounio aussi souvent qu’elle le pouvait. Ils formaient presque une famille normale sauf que les deux parents étaient frère et sœur et s’interdisaient donc tout rapport physique. Pourtant Annie désirait Nilo autant que la réciproque était vraie. Ils échangeaient des regards qui les laissaient tremblant tout les deux mais ils s’abstenaient d’en parler : conscients que cela ne changerait rien.

Mounio grandissait et sa différence avec les autres enfants grandissait : il était aveugle, Annie en avait maintenant la certitude. Des voix s’élevèrent alors au conseil des nobles dames : cet enfant ne sera utile à personne. Il ne trouvera pas de femme. Il serait mieux avec les rechazadi. La reine ne pouvait ignorer la pression constante qu’on exerçait sur elle. Elle balaya les « recommandations » de ses conseillères en répondant que Mounio était trop jeune qu’il tétait encore le sein et qu’il n’était une charge pour personne d’autre que son père Nilo qui ne se plaignait pas. Annie se fit envoyer par son oncle des méthode pour apprendre à Mounio à lire et écrire et puis il devin rapidement très fort en informatique grâce au clavier en braille qu’il reçu en cadeau de son grand oncle. Rapidement le garçonnet se familiarisa avec les taches d’administration et de communication du commerce de pierre précieuse. Les dames le laissèrent faire même si elles n’en pensaient pas moins. C’était une perte de temps de laisser un garçon apprendre à lire et écrire : ils ne sont pas là pour ça. Ce garçon qui se mêle du commerce de nos joyaux c’est une honte. Mais les voies finirent par s’éteindre devant l’efficacité du jeune aveugle.

Le jeune garçon était aveugle pas sourd. Il avait bien compris qu’il ne faisait pas l’unanimité : il se taisait et travaillait dur essayant d’être utile pour cette communauté qui le rejetait. Il était seul. Il y avait Nilo son père et son soutient qui l’avait aidé et encouragé dans sa quête du savoir. Mais Nilo était si soumis, si craintif : il suffisait qu’une dame passe aux alentours pour qu’il cache sa coupable tendresse pour le garçon sous un ordre acerbe. Mounio haïssait son père presque autant qu’il l’aimait. Il haïssait ses silences fais de résignation quand il regardait sa mère avec l’autre. Il haïssait le sourire triste de nilo qui lui disait que sa mère était la plus belle des reines de l’île. Il haïssait aussi sa mère cette traîtresse lointaine. Si elle montrait pour lui plus d’intérêt que les mères en montrent d’ordinaire aux garçons, il restait cependant certain qu’elle préférait Civa la petite fille qu’elle avait eu avec l’autre. Pourquoi avait elle quitté son père ? Elle le respectait il le savait bien, il les avait entendus parler ensemble pendant des heures : elle se fiait à lui et lui demandait des conseils pour gérer le royaume et quand ils se parlaient leur voix prenaient une intonation tendre et complice que le jeune garçon connaissait bien. Pourtant elle tenait Nilo à distance et ne l’invitait jamais à dormir avec elle : pour cela il y avait l’autre : ce larbin avec une intelligence de moineau et une vois de crécelle.


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